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30/11/2013

SAINT SÉRAPHIN DE SAROV

 Association catholique pour le respect de la création animale NOTRE-DAME DE TOUTE PITIÉ, c/o Mme Elisabeth Depré, Résidence "Les Jardins de la Côte Fleurie", route de Dives, 14640 Villers sur Mer, France  Tél.: 00 33 (0)2 31888105 - Courriel: depre.elisabeth@wanadoo.fr - Site Internet: www.nd-toute-pitie.fr 

Pélérinage à BLARU

L'association catholique pour le respect de la création animale NOTRE-DAME DE TOUTE PITIÈ participera au pélérinage d'hiver organisé par les Bénédictines du Sacré Cœur de Montmarte à BLARU le 25 janvier 2014. Cette journéé est ouverte aux adhérants et non adhérants. Se renseigner auprès de Marie-Thérèse BIENVENU, courriel ntbienvenu@yahoo.fr

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SAINT SÉRAPHIN DE SAROV 

Parmi les chrétiens dont le cœur et l'esprit étaient ouverts à tous l'univers et ne se contentèrent pas de se centrer uniquement sur l'humanité, les plus vénérés sont saint François d'Assise pour la chréntieté occidentale et saint Séraphin de Sarov, le Russe, pour la chrétienté oriantale.Si on a dit de saint François qu'il fut transpercé, de saint Séraphin on a dit qu'il fut transfiguré. Au cours d'un entretien qu'il eut avec son disciple Motovilov celui-ci lui a fait remarquer: "Des foudres jaillissent de vos yeux, votre visage est devenu plus lumineux que le soleil. (Irmina Gormino, "Séraphin de Saron", Desclée de Brouwer, Abbaye de Bellefontaine, 1979)

Saint Séraphin était nourri de l"authentique tradition chrétienne orientale. Et que dit cette tradition? Elle dit que "La pureté, c'est la miséricorde du cœur. C'est la la flamma qui embrase à l'égard de toute la Création, des hommes, des oiseaux, des quadrupèdes, des démons, de tout être créé. Quand il songe à eux, ou quand il les regarde, l'homme sent ses yeux s'emplir de larmes d'une profonde, d'une immense pitié qui lui étreint le cœur et le rend incapable de tolérer, d'entendre, de voir le moindre tort ou la moindre affliction endurés par une créature." (Saint Isaac le Syrien, "Sentences", sentence 55, Traduction Hotman de Velliers)

Saint François apprit aux villageois de Gubbio à nourrir un loup. Saint Séraphin enseigna à une moniale à nourrir un ours. Voici comment Olivier Clement raconte ce délicieux épisode:

«Un jour, une moniale venue voir dans son ermitage le Père Séraphin, ll le découvre assis sur un tronc d'arbre, un ours devant lui. Elle pousse un grand cri de peur et Séraphin demande à l'ours de s'éloigner. Et comme la moniale avait dit "je meurs", Séraphin lui répond: "Non ma mère, c'est n'est pas la mort mais la joie." Il la fait asseoir à côté de lui, rappelle l'ours et lui donne à manger du pain dans sa main. "Le visage du Père me sembla merveilleux" a noté cette moniale. "Il était lumineux comme celui d'un ange et jouyeux. Lorsque je fus complètement calmée, le Père me tendit le  dernier morceau et me demada de le donner moi-même à l'ours. Mais je répondis: "j'ai peur mon Pèrre, il va me dévore aussi la main." "Non ma mère, crois bien qu'il ne te magera pas la main." Alors j'ai pris le pain et je l'ai donné" à manger à l'ours avec tant de joie que j'aurais voulu lui en donner encore, car la bête était douce avec moi, pécheresse, grâce aux prières du Père Séraphin. Celui-ci me voyant rassurée me dit: Tu vois, ma mère, un lion fut le serviteur de saint Gérassime et un ours est l'ami de l'humble Séraphin."» (Olivier Clement, Actes du Colloque Droits de l’animal et pensée chrétienne, 1986, Fondation  Ligue française des droits de l’animal www.fondation-droits-animal.org )

 Ce texte est tiré du chapitre « La dimension cosmique » de l’opuscule de Jean Nakos « Plaidoyer pour une Théologie de l’Animal », Editions artisanales Cécile de Ramaix, Lyon 2001. Copyright : Jean Nakos 2001

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 ANTHROPOMORPHISME ET ANTHROPOCENTRISME

 « Vous qui ne savez pas ce que demain sera votre vie

car vous êtes une vapeur qui paraît un instant, puis

disparaît. »

(Épître de saint Jacques, 4.14)

 

Nous avons reçu un courriel du docteur H... qui se dit chrétien et ancien expérimentateur sur des animaux du laboratoire.

 

Dans ce texte, le docteur H... soutient que : 1) « La fraternité avec des animaux promise par saint François d’Assise  est  une illusion et une niaiserie ». 2) La compassion humaine envers les animaux qui souffrent « relève de l’anthropomorphisme qui est une tendance à l’opposé d’une attitude scientifique dans l’observation du monde animal ». 3) Lui-même n’éprouve pas de remords pour avoir provoqué la mort de beaucoup d’animaux, dans de grandes souffrances, lors de ses expérimentations. 4) Il voudrait avoir l’avis d’un théologien sur le sujet de la souffrance animale.

 

Dans le texte du docteur H... on trouve maints relents d’anthropocentrisme. Si l’on doit se méfier de l’anthropomorphisme, on doit se mefier tout autant de l’anthropocentrisme. Notre commentaire sur ce texte est donc le suivant :

 

La fraternité avec les animaux, promise par saint François d’Assise, a de profondes racines bibliques. Elle a été promise aussi par Isaïe quand il prophétisait sur l’ère messiannique et sur la paix paradisiaque :

 

« Le loup habitera avec l’agneau, la panthère se couchera avec le chevreau. Le veau, le lionceau et la bête grasse iront ensemble, conduits par un petit garçon. La vache et l’ours paîtront, ensemble se coucheront leurs petits .Le lion comme le boeuf mangera de la paille. Le nourrisson jouera sur le repaire de l’aspic, sur le trou de la vipère le jeune enfant mettra la main. On ne fera plus de mal ni de violence sur ma montagne sainte car le pays sera rempli de la connaissance du seigneur comme les eaux couvrent le fond de la mer. »

(Isaïe, 11. 6-9)

 

Il convient de rappeler au docteur H... que saint François d’Assise a été proclamé patron céleste des écologistes (les défenseurs des animaux sont inclus dans cette catégorie) par le pape Jean-Paul II. D’ailleurs, selon le pape Jean-Paul II, « la protection animale est une éthique chrétienne ». (Déclaration du 14 novembre 1979)

 

Si donc saint François d’Assise est « niais » parce qu’il a promis la fraternité avec les animaux, alors le grand prophète Isaïe - qui l’a promise également – ainsi que le pape Jean-Paul II - qui vénérait saint François pour son message de paix cosmique - devraient être considérés comme des « niais », eux aussi. Curieuse conception du christianisme !

 

En ce qui concerne la souffrance que l’homme inflige aux animaux innocents, nous suggérons au docteur H... de lire le sermon du Vendredi Saint 1842 prêché par le cardinal John Henri Newman (1801-1890, béatifié en 2010 par le pape Benoît XVI), recteur de l’Université catholique de Dublin de 1851 à 1858. (Cf . J.H. Newman, « 12 sermon sur le Christ », Éditions du Seuil 1954, réedition 1995, pp 145-147).

 

Dans ce sermon, l’illustre théologien compare les souffrances des animaux innocents, infligées par l’homme, aux souffrances du Christ et trouve de frappantes similitudes ! (Cf. id. pp.148,149)

 

Le cardinal Newman n’a jamais renié ce serment. Au contraire ! Il resta un adversaire de la vivisection. Le Docteur H... souhaitait l’avis d’un théologien sur le sujet des souffrances des animaux ; espérons qu’il sera satisfait !

 

Un autre solide théologien – fondateur, en théologie protestante, de l’école dite d’eschatologie conséquente - fut le docteur Albert Schweitzer (1875-1965 , docteur en théologie, docteur en philosophie, docteur en médecine, écrivain, organiste et musicologue réputé, grand spécialiste de Bach, fondateur-directeur-administrateur de l’hôpital de Lambaréné au Gabon, prix Nobel de la Paix 1952).

 

Albert Schweitzer, grand défenseur des animaux, prêchait, quant à lui, que « le scarabée, gisant mort au bord du chemin, c’était un être qui vivait, luttait pour subsister – comme toi, qui jouissait des rayons du soleil – comme toi, qui éprouvait la peur et la souffrance – comme toi et qui, maintenant, n’est plus qu’une matière en décomposition - comme toi aussi, tôt ou tard, tu le deviendras un jour. » (Premier Sermon sur le Respect de la Vie, 16 février 1919, in A. Schweitzer « Vivre-Paroles pour une éthique dutemps présent », Albin Michel Paris 1966, réedition collection « Espaces libres », 1995,  p.169)

 

Ce qui suit est une mise en garde contre l’anthropocentrisme, lancée en 1988 par un autre solide théologien, Robert Runcie, à l’époque Archevêque de Canterbury et primat de l’Eglise d’Angleterre-primat d’honneur de la Communion anglicane. Elle se trouve dans le dicours qu’il a prononcé lors du Forum mondial de chefs spirituels et de parlementaires sur la survie de l’humanité (cité par Andrew Linzey dans « Animal Theology », SCM Press, Londres 1994, pp 147-149 et notes 22 et 23, p.172) :

 

« La tentation est d’usurper la place de Dieu comme Créateur et d’exercer une domination tyrannique sur la création... Aujourd’hui, au moment où nous commençons à comprendre l’universalité et l’interdépendance de tout ce qui est dans le cosmos, la préoccupation pour l’humanité paraîtrait nettement provinciale... très souvent notre théologie de la création, spécialement ici, dans le monde soi-disant « développé », a été déformée par excès d’anthropocentrisme. Nous avons besoin de préserver la valeur de l’humain par l’affirmation de la valeur du non-humain aussi, de tout ce qui est. Car notre conception de Dieu interdit l’idée d’une création bon marché, d’un univers jetable dans lequel tout est sacrifiable sauf l’existence humaine. Tout l’univers est une œuvre d’amour ! Et rien de ce qui s’est fait dans l’amour n’est sans valeur. La valeur, la richesse des choses naturelles ne se trouve pas dans l’opinion que l’Homme a de lui-même, mais dans la bonté de Dieu qui a fait toutes choses bonnes et chères à sa vue . »

 

Selon le professeur Linzey, on peut trouver une pensée  analogue dans l’encyclique du pape Jean-Paul II  Sollicitudo Reis Socialis (pp 34 et 64, 65 de l’édition anglaise).

 

Le cardinal Zigliara disait que « Au jour du jugement, les bêtes secourues par vos soins viendront témoigner en votre faveur ». La rédaction de ce webzine en est convaincue.

 

J.N

 

 

*   Anthropomorphisme est la tendance à attribuer aux objets naturels, aux animaux et aux créations mythiques des caractéristiques propres à l’homme. (« Le Petit Larousse »

 

** Anthropocentrisme est la conception ou l’attitude qui rapporte toute chose de l’univers à l’homme. (« Le Petit Larousse ») 

 

 

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ALBERT SCHWEITZER ET L'ETHIQUE ENVERS LES ANIMAUX

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