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10/11/2013

"SAINT" GUINEFORT

 

TYPHON AUX PHILIPPINES, APPEL À L'AIDE http://www.lalibre.be/actu/international/typhon-aux-phili...

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Association catholique pour le respect de la création animale NOTRE-DAME DE TOUTE PITIÉ, c/o Mme Elisabeth Depré, Résidence "Les Jardins de la Côte Fleurie", route de Dives, 14640 Villers sur Mer, France  Tél.: 00 33 (0)2 31888105 - Courriel: depre.elisabeth@wanadoo.fr - Site Internet: www.nd-toute-pitie.fr .

 

Saint Guinefort

Par Olivier Jelen

Dans la représentation positive du chien, la fidélité constitue la qualité la plus anciennement et universellement attestée. Comme dans la fameuse histoire au Moyen Âge de Tristan et Iseut, où le chien de Tristan, Husdent malgré sa fidélité se fait presque tuer par son maître, ce dernier ayant peur que les aboiements de son chien ne révèlent sa cachette, l’histoire de saint Guinefort constitue également une histoire d’une fidélité mal récompensée.

En effet, l’histoire de saint Guinefort, basée sur des faits réels, est le récit d’un chien qui a eu le malheur, dans l’exercice de ses devoirs et donc dans sa fidélité, d’être tué par son propre maître ! Saint Guinefort, en fait un lévrierCe n’est pas le sujet de ce mémoire d’entrer dans le débat autour de la possible inspiration du culte de S. Guinefort par un vieux fonds légendaire indo-européen d’origine indienne datant du VI°s. av. J.-C., cf. , après avoir protégé l’enfant de son maître couché dans un berceau de l’attaque d’un grand serpent, se fait tuer par son maître, le chevalier de Villars. Le chien avait eu auparavant le temps de tuer le serpent et donc de protéger efficacement le bébé, mais sa propre gueule, sa tête et une partie du berceau inondés de sang de la part du serpent, laissèrent croire qu’il avait attaqué l’enfant ! La nourrice entrant dans la pièce de l’enfant « dormant doucement »D’après l’original « suaviter dormientem », cf : BOURBON Etienne (de), « De adoratione Guinefortis canis », in : SCHMITT Jean-Claude, Le Saint Lévrier -Guinefort, guérisseur d’enfants depuis le XIII°siècle (Bibliothèque d’ethnologie historique), Flammarion, Paris, 1979, p. 13. Cette étude représente un chef-d’œuvre de l’ethno-histoire. Schmitt ne s’est pas contenté de retraduire et d’analyser le texte latin d’Etienne de Bourbon, mais il a également montré les réminiscences et la persistance du culte de saint Guinefort jusqu’au début du XX°siècle. est horrifiée croyant que l’enfant est mort et criant, fait accourir le maître qui dans la précipitation sans réfléchir, voyant le berceau tacheté de sang et croyant l’enfant attaqué par son chien, dégaine son épée et abat le chien sans aucune autre forme de procès !

Plus tard, en découvrant la vérité et sa tragique méprise, le chevalier est pris de remords et enterre son chien près du château. Il plante même des arbres près de son tombeau ! « Par la volonté divine (comme punition ?), le château fut détruit et la terre, ramenée à l’état de désert, abandonnée par l’habitant »« Castro autem divina voluntate destructo, et terra in desertum redacta est, ab habitatore relicta », selon le manuscrit De adoratione Guinefortis canis d’Etienne de BOURBON repris par SCHMITT J.-C., ibid., p. 14. .

C’est alors, quelques siècles plus tard, qu’intervient le dominicain -Domini canes (!)- Etienne de Bourbon qui en tant qu’inquisiteur relate et reconstruit toute l’histoire pour extirper définitivement le culte et le pèlerinage qui s’étaient créés autour du tombeau de Guinefort. En effet, « les paysans, entendant parler de la noble conduite du chien et dire comment il avait été tué, quoique innocent et pour une chose dont il dut attendre du bien, visitèrent le lieu, honorèrent le chien tel un martyr ». Le lieu d’ensevelissement de l’animal « martyr » était devenu un lieu de pèlerinage pour sauver les enfants malades.

Plutôt que les paysans s’étaient surtout les femmes qui ayant des enfants faibles et malades demandaient son intercession céleste ! Au lieu présumé du tombeau du « saint lévrier » étaient apportés des langes de bébés, des chaussons ou des petits souliers en guise d’ex-voto, des pièces de monnaie, des clous et on y exposait même pendant un court laps de temps des enfants nus.

Saint Guinefort est donc devenu d’après le rapport de l’enquête menée par Etienne de Bourbon, ce dernier ne pouvant en aucun cas toléré ce culte qu’il juge comme supersticieux, un saint très vénéré dans la région française du Rhône-Alpes et des Dombes. Malgré les actions enregistrées par l’inquisiteur au cours du XIII°s.,« nous (=Etienne de Bourbon) avons fait exhumer le chien mort et couper le bois sacré, et nous avons fait brûler celui-ci avec les ossements du chien. Et j’ai fait prendre par les seigneurs de la terre un édit prévoyant la saisie et le rachat des biens de ceux qui afflueraient désormais en ce lieu pour une telle raison »

L’historien français Schmitt a encore retrouvé au milieu du XX°s. des traces du culte et du pèlerinage Ainsi encore en 1940 on a noté la présence au lieu de culte d’une grand-mère venue demander à saint Guinefort la guérison d’un de ses petits enfants ! De même lors des dates de 1632, 1826, 1877 et 1886 le culte est bien attesté et fréquenté par les habitants, cf. SCHMITT J.-C., op. cit., pp. 181-192. et a pu démontrer que le « saint lévrier » était encore bien vénéré même après sa condamnation par l’Eglise catholique ! Gageons que la protection du saint lévrier n’était pas si inefficace et inutile, mais de là à dire qu’elle était voulue ou autorisée par Dieu…!

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L'ÂNESSE DE BALAAM 

(La Bible, Ancien Testament, Nombres, chapitre 22, versets 20-35)

 « Dieu vint à Balaam pendant la nuit, et lui dit : Puisque ces hommes sont venus pour t'appeler, lève-toi, va avec eux ; mais tu feras ce que je te dirai.

Balaam se leva le matin, sella son ânesse, et partit avec les chefs de Moab.

La colère de Dieu s'enflamma, parce qu'il était parti ; et l'ange de l'Éternel se plaça sur le chemin, pour lui résister. Balaam était monté sur son ânesse, et ses deux serviteurs étaient avec lui.

L'ânesse vit l'ange de l'Éternel qui se tenait sur le chemin, son épée nue dans la main ; elle se détourna du chemin et alla dans les champs. Balaam frappa l'ânesse pour la ramener dans le chemin.

L'ange de l'Éternel se plaça dans un sentier entre les vignes ; il y avait un mur de chaque côté.

L'ânesse vit l'ange de l'Éternel ; elle se serra contre le mur, et pressa le pied de Balaam contre le mur. Balaam la frappa de nouveau.

L'ange de l'Éternel passa plus loin, et se plaça dans un lieu où il n'y avait point d'espace pour se détourner à droite ou à gauche.

L'ânesse vit l'ange de l'Éternel, et elle s'abattit sous Balaam. La colère de Balaam s'enflamma, et il frappa l'ânesse avec un bâton.

L'Éternel ouvrit la bouche de l'ânesse, et elle dit à Balaam : Que t'ai je fait, pour que tu m'aies frappée déjà trois fois ?

Balaam répondit à l'ânesse : C'est parce que tu t'es moquée de moi ; si j'avais une épée dans la main, je te tuerais à l'instant.

L'ânesse dit à Balaam : Ne suis-je pas ton ânesse, que tu as de tout temps montée jusqu'à ce jour ? Ai-je l'habitude de te faire ainsi ? Et il répondit : Non.

L'Éternel ouvrit les yeux de Balaam, et Balaam vit l'ange de l'Éternel qui se tenait sur le chemin, son épée nue dans la main ; et il s'inclina, et se prosterna sur son visage.

L'ange de l'Éternel lui dit : Pourquoi as-tu frappé ton ânesse déjà trois fois ? Voici, je suis sorti pour te résister, car c'est un chemin de perdition qui est devant moi.

L'ânesse m'a vu, et elle s'est détournée devant moi déjà trois fois ; si elle ne fût pas détournée de moi, je t'aurais même tué, et je lui aurais laissé la vie.

Balaam dit à l'ange de l'Éternel : J'ai péché, car je ne savais pas que tu te fusses placé au-devant de moi sur le chemin ; et maintenant, si tu me désapprouves, je m'en retournerai.

L'ange de l'Éternel dit à Balaam : Va avec ces hommes ; mais tu ne feras que répéter les paroles que je te dirai. Et Balaam alla avec les chefs de Balak. »

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L’ânesse de Balaam http://fr.wikipedia.org/wiki/Balaam est célèbre car elle a parlé. Quand on évoque ce passage c’est, surtout, pour nous faire admirer la puissance de Dieu qui peut faire parler même les animaux. Parfois on veut bien ajouter que Dieu peut prendre même un animal à Son service. Mais, le plus souvent, on omet de poser ou de se poser les questions suivantes :

Comment se fait-il que l’ânesse puisse voir l’Ange du Seigneur ? N’est-elle donc pas dépourvue de perception spirituelle ?

Quand l’ânesse parle, pourquoi évoque-t-elle ses nombreuses années de bons et loyaux services ? Pourquoi l’Ange du Seigneur prend-il la peine de dire à Balaam qu’il aurait épargné la vie de l’ânesse alors qu’il aurait tué Balaam ?

Ces questions semblent être gênants pour les tenants de la théorie de « l’âme matérielle » des animaux. Car

 L’ânesse peut voir l’Ange du Seigneur parce qu’elle possède les modalités de l’être nécessaires à cette vision.

 L’ânesse évoque les services rendus parce qu’elle est consciente du travail qu’elle effectue.

 L’Ange du Seigneur prend la peine de dire qu’il aurait épargné la vie de l’ânesse parce que Dieu veut faire savoir qu’Il se soucie des animaux comme Il l’a fait savoir à Jonas pour les animaux de Ninive (cf. Jonas 4.11) Il est frappant de constater que, tant à Ninive qu’ici, les humains « ne distinguent pas leur droite de leur gauche ». Ici Balaam et les deux garçons qui l’accompagnent ne voient pas l’Ange du Seigneur tandis que l’ânesse le voit, elle. Le texte permet même de supposer que les deux garçons ne l’ont pas vu lorsque « le Seigneur ouvrit les yeux de Balaam ».

 J. N

 

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