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26/10/2013

L'ÂNESSE DE BALAAM

Association catholique pour le respect de la création animale NOTRE-DAME DE TOUTE PITIÉ, c/o Mme Elisabeth Depré, Résidence "Les Jardins de la Côte Fleurie", route de Dives, 14640 Villers sur Mer, France  Tél.: 00 33 (0)2 31888105 - Courriel: depre.elisabeth@wanadoo.fr - Site Internet: www.nd-toute-pitie.fr .

 

L'ÂNESSE DE BALAAM 

 

(La Bible, Ancien Testament, Nombres, chapitre 22, versets 20-35)

 

« Dieu vint à Balaam pendant la nuit, et lui dit : Puisque ces hommes sont venus pour t'appeler, lève-toi, va avec eux ; mais tu feras ce que je te dirai.

 

Balaam se leva le matin, sella son ânesse, et partit avec les chefs de Moab.

 

La colère de Dieu s'enflamma, parce qu'il était parti ; et l'ange de l'Éternel se plaça sur le chemin, pour lui résister. Balaam était monté sur son ânesse, et ses deux serviteurs étaient avec lui.

 

L'ânesse vit l'ange de l'Éternel qui se tenait sur le chemin, son épée nue dans la main ; elle se détourna du chemin et alla dans les champs. Balaam frappa l'ânesse pour la ramener dans le chemin.

 

L'ange de l'Éternel se plaça dans un sentier entre les vignes ; il y avait un mur de chaque côté.

 

L'ânesse vit l'ange de l'Éternel ; elle se serra contre le mur, et pressa le pied de Balaam contre le mur. Balaam la frappa de nouveau.

 

L'ange de l'Éternel passa plus loin, et se plaça dans un lieu où il n'y avait point d'espace pour se détourner à droite ou à gauche.

 

L'ânesse vit l'ange de l'Éternel, et elle s'abattit sous Balaam. La colère de Balaam s'enflamma, et il frappa l'ânesse avec un bâton.

 

L'Éternel ouvrit la bouche de l'ânesse, et elle dit à Balaam : Que t'ai je fait, pour que tu m'aies frappée déjà trois fois ?

 

Balaam répondit à l'ânesse : C'est parce que tu t'es moquée de moi ; si j'avais une épée dans la main, je te tuerais à l'instant.

 

L'ânesse dit à Balaam : Ne suis-je pas ton ânesse, que tu as de tout temps montée jusqu'à ce jour ? Ai-je l'habitude de te faire ainsi ? Et il répondit : Non.

 

L'Éternel ouvrit les yeux de Balaam, et Balaam vit l'ange de l'Éternel qui se tenait sur le chemin, son épée nue dans la main ; et il s'inclina, et se prosterna sur son visage.

 

L'ange de l'Éternel lui dit : Pourquoi as-tu frappé ton ânesse déjà trois fois ? Voici, je suis sorti pour te résister, car c'est un chemin de perdition qui est devant moi.

 

L'ânesse m'a vu, et elle s'est détournée devant moi déjà trois fois ; si elle ne fût pas détournée de moi, je t'aurais même tué, et je lui aurais laissé la vie.

 

Balaam dit à l'ange de l'Éternel : J'ai péché, car je ne savais pas que tu te fusses placé au-devant de moi sur le chemin ; et maintenant, si tu me désapprouves, je m'en retournerai.

 

L'ange de l'Éternel dit à Balaam : Va avec ces hommes ; mais tu ne feras que répéter les paroles que je te dirai. Et Balaam alla avec les chefs de Balak. »

 

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L’ânesse de Balaam http://fr.wikipedia.org/wiki/Balaam est célèbre car elle a parlé. Quand on évoque ce passage c’est, surtout, pour nous faire admirer la puissance de Dieu qui peut faire parler même les animaux. Parfois on veut bien ajouter que Dieu peut prendre même un animal à Son service. Mais, le plus souvent, on omet de poser ou de se poser les questions suivantes :

 Comment se fait-il que l’ânesse puisse voir l’Ange du Seigneur ? N’est-elle donc pas dépourvue de perception spirituelle ?

 Quand l’ânesse parle, pourquoi évoque-t-elle ses nombreuses années de bons et loyaux services ?

 Pourquoi l’Ange du Seigneur prend-il la peine de dire à Balaam qu’il aurait épargné la vie de l’ânesse alors qu’il aurait tué Balaam ?

 Ces questions semblent être gênants pour les tenants de la théorie de « l’âme matérielle » des animaux. Car

 L’ânesse peut voir l’Ange du Seigneur parce qu’elle possède les modalités de l’être nécessaires à cette vision.

 L’ânesse évoque les services rendus parce qu’elle est consciente du travail qu’elle effectue.

 L’Ange du Seigneur prend la peine de dire qu’il aurait épargné la vie de l’ânesse parce que Dieu veut faire savoir qu’Il se soucie des animaux comme Il l’a fait savoir à Jonas pour les animaux de Ninive (cf. Jonas 4.11) Il est frappant de constater que, tant à Ninive qu’ici, les humains « ne distinguent pas leur droite de leur gauche ». Ici Balaam et les deux garçons qui l’accompagnent ne voient pas l’Ange du Seigneur tandis que l’ânesse le voit, elle. Le texte permet même de supposer que les deux garçons ne l’ont pas vu lorsque « le Seigneur ouvrit les yeux de Balaam ».

J. N

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 Message de Jean Gaillard, président de l'association catholique pour le respect de la création animale  NOTRE-DAME DE TOUTE PITIE www.nd-toute-pitie.fr ,suivi d'une réflexion de Jean Bastaire.

 DÉCÈS DE JEAN BASTAIRE

Nous avons appris le décès de Jean Bastaire avec une peine réelle. Il était membre 
de notre association depuis de nombreuses années, et était devenu un ami. Il 
repose maintenant à Mainvilliers près de Chartres, aux côtés de son épouse Hélène 
envers laquelle il faisait preuve d'une si  exemplaire fidélité.
Il admirait les grands poètes français Charles Péguy et Paul Claudel, auxquels il a 
consacré plusieurs ouvrages ; il a même fondé l'association AMITIE CHARLES 
PEGUY. Mais c'est surtout dans le domaine de l'écologie que son œuvre occupe 
une place à part, et qu'il a été un véritable pionnier. Comme sa femme Hélène, il 
était préoccupé par les questions écologiques, et il regrettait profondément les 
graves lacunes de la théologie chrétienne moderne à ce sujet. Pendant plus de 
quarante ans, il a développé une réflexion religieuse sur la Création, en s'appuyant 
spécialement sur la pensée des Pères de l'Eglise et la spiritualité de saint François 
d'Assise, puis sur les déclarations des derniers papes Jean-Paul II et Benoît XVI. 
Sa pensée s'est exprimée dans une dizaine de livres, de nombreux articles dans des
revues diverses, des colloques …
Son départ est évidemment une grande perte pour la défense des créatures, et en 
particulier des animaux, dans une perspective chrétienne. En ce domaine il a ouvert 
les yeux à beaucoup de chrétiens. Son œuvre restera un élément essentiel dans la 
prise de conscience chrétienne du devoir de respecter et aimer toutes les créatures.
Au début de cette année, il publiait encore dans la revue La Vie Spirituelle un article
sur la résurrection des animaux et des plantes. Même si son message n'a pas 
encore eu l'écho qu'il mérite dans les milieux religieux, je suis sûr que d'auprès de 
Dieu, avec Hélène, il continuera à travailler dans ce sens.

31 août 2013                                                             Jean Gaillard

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 Pour savoir davantage sur ce grand intellectuel et grand défenseur des animaux, lire l'article "Jean  Bastaire" sur WIKIPEDIA http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Bastaire

J.N

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 Voici une réflexion de Jean Bastaire sur la méfiance habituelle de la religion officielle  à l'égard des créatures non humaines:

 « La cause est à rechercher dans un second mouvement qui, parallèle à celui de la lutte contre les idoles, a mené le combat contre la création. Pour beaucoup de croyants, il n'a pas semblé suffisant de haïr la terre en tant qu'elle détournait de l'amour du vrai Dieu. On a cru honorer le Créateut en détestant son Œuvre. On s'est imaginé que plus on méprisait les créatures, plus on se rapprochait de leur source. Étrange façon d'avancer en reculant.

C'était succomber à la plus pernicieuse des hérésies: celle qui considèrait l'univers comme le produit d'un démiourge maléfique. Dieu mauvais figuré par le Dieu de l'Ancien Testament et opposé au Dieu bon de l'Évangile, lequel a envoyé son Fils Jésus pour nous délivrer de ce cauchemar et nous réintegrer dans une transcendance échappant à la dégradation du créé.

Sur le plan de la foi, on ne confessait bien qu'un seul Dieu, Créateur et père de toutes choses. Mais dans le concret de la vie, des mœurs, de l'existence quotidienne et sociale, on excluait, le plus possible, on excommuniait littéralement tout ce qui était du ressort de la chair, du corps, de la matière. On abandonnait cela à la science et à l'argent. C'était comme une partie honteuse de la création, et les animaux y occupérent hélas une place éminente, voués à toutes les expérimentations et utilisations qui n'ont fait qu'attendre de nos jours un degré paroxystique.»

Jean Bastaire, "La communion retrouvée", in "Droits de l'Animal et pensée chrétienne, Actes du colloque du 16 octobre  1986, organisée à l'Institut de France par la Ligue francaise des droits de l'animal, 39 rue Claude Bernard, 75005 Paris, www.fondation-droits-animal.org .