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15/10/2013

CHRISTIANISME ET SACRIFICES D' ANIMAUX

Association catholique pour le respect de la création animale NOTRE-DAME DE TOUTE PITIÉ, c/o Mme Elisabeth Depré, Résidence "Les Jardins de la Côte Fleurie", route de Dives, 14640 Villers sur Mer, France  Tél.: 00 33 (0)2 31888105 - Courriel: depre.elisabeth@wanadoo.fr - Site Internet: www.nd-toute-pitie.fr .

 

CHRISTIANISME ET SACRIFICES D' ANIMAUX

"Prends garde à tes pas quand tu vas à la maison de Dieu: approcher pour écouter vaux mieux que le sacrifice offert par les insensés mais ils ne savent pas qu'il font le mal." (Ecclésiaste 4.17)

Le christianisme rejette les sacrifices rituels d'animaux. Jesus Christ par Son propre Sacrifice à aboli cette coutume.

Il est significatif que saint Jean Baptiste voit en Jésus Christ "l'agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde". L'Apôtre et Evangéliste saint Jean le Théologien voit en Lui "un agneau comme égorgé". Pour l'Apôtre Pierre, Jésus Christ est "un agneau sans repproche et sans tache". Isaïe prophétise en le comparant à un "agneau qu'on mène à la boucherie". Le christianisme vit sous le signe de l'Agneau. Mais est-ce que nous comprenons, est-ce que nous nous préoccupons de comprendre ce qui se cache derrière ce signe?

La position explicite du christianisme a été proclamée dans l'Epître aux Hébreux:

«N'ayant, en effet, que l'ombre des biens à venir, non la substance même des réalités, la Loi est absolument impuissante, avec ces sacrifices, toujours les mêmes que l'on offre perpetuellement d'année en année, à rendre parfaits ceux qui s'approchent de Dieu. Autrement, n'aurait-on-pas cessé de les offrir puisque les officiants de ce culte, purifiés une fois pour toutes, n'auraient plus conscience d'aucun péché? Bien au contraire, par ces sacrifices eux-mêmes, on rappelle chaque année le souvenir des péchés. En effet, du sang de taureaux et de boucs est impuissant à enlever des péchés.

C'est pourquoi, en entrant dans le monde, le Christ dit: "Tu n'as voulu ni sacrifice ni oblation; mais tu m'as façonné un corps. Tu n'as agrée ni holocaustes ni sacrifices pour les péchés. Alors j'ai dit: Voici, je viens, car c'est de moi qu'il est question dans le rouleau du livre, pour faire, ô Dieu, ta volonté*."

Il commence par dire: "Sacrifice, oblations, holocaustes, sacrifices pour les péchés, tu ne les a pas voulus ni agrées " - et cependant ils sont offerts d'après la Loi -, alors il déclare: "Voici, je viens pour faire ta volonté." Il abroge le premier régime pour fonder le second. Et c'est en vertu de cette "volonté" que nous sommes sanctifiés par l' "oblation" du "corps" de Jésus Christe, une fois pour toutes.

Tandis que tout prêtre se tient debout chaque jour, officiant et offrant maintes fois les mêmes sacrifices, qui sont absolument impuissants à enlever des péchés, lui, au contraire, ayant offert pour les péchés un unique sacrifice, "il s'est assis pour toujours à la droite de Dieu" attendant désormais que "ses ennemis soient placés comme un escabeau sous ses pieds**." Car par une oblation unique il a rendu parfaits pour toujours ceux qu'il sanctifie.

Or l'Esprit Saint lui aussi nous l'atteste; car après avoir déclaré: "Telle est l'alliance que je contracterai avec eux après ce jour-là, le Seigneur dit: Je mettrai mes lois dans leur coeur et je les graverai dans leur pensée. Ni de leurs péchés, ni de leur offenses, je ne me souviendrai plus.***"

Or là où les péchés sont remis, il n'y a plus d'oblation pour le péché.» (Epître aux Hébreux 10.1-18)

(* Citation de Psaumes 40.7-9 (LXX)
** Citation de Psaumes 110.1
*** Citation de Jérémie 31.33-34; cf 8.8-12)

Il faut rappeler que déjà les Prophètes avaient proclamé que Dieu n'a pas demandé de rites sacrificiels car "Dieu n'a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants". (Sagesse 1.13)
Relisons ces textes:
Isaïe 1.11-13
Jérémie 6.20
Jérémié 7.21-24
Oséé 7.6
Osée 8.13

Dans ce contexte, il faut prendre en considération Isaïe 11.6-9. Le prophète nous dit clairement combien il porte son désir vers les temps messianiques quand les hommes et les animaux vivront de nouveau en paix et en armonie, sans s'entre-tuer et sans manger l'un l'autre. Exactement comme Dieu l'a voulu à l'origine (cf. Genèse 1.29-30)

Ce passage d'Isaïe indique que les prophètes ne demandaient pas uniquement une religion moins rituelle et plus sociale. Isaïe 11.6-9 enlumine toute l'étendue de leur idéal de paix entre toutes les espèces. Et le dernier verset ("on ne fera plus de mal ni de violence sur ma montagne sainte..." confirme que les prophètes demandaient effectivement l'abolition des sacrifices d'animaux).

Quand est-ce que nous allons, enfin, comprendre, comme le dit le poète, que le Sauveur:
"Aime précisement ceux que personne n'aime,
Aime ceux à qui tous vous jetez l'anathème,
Ceux dont l'obscurité fait dédaigner les maux.
Aime les pauvres gens, les pauvres animaux,
les humbles chiens battus, les tristes petits ânes,
les publicains, les péagers, les courtisanes!"
(Edmond Rostand, "la Samaritaine")

J.N

Ce texte modifie le chapitre "Les sacrifices" du livre de Jean Nakos "Les chrétiens et les animaux", Editions artisanales Cécile de Ramaix, Lyon 1996, Copyright Jean Nakos 1996

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DÉCÈS DE JEAN BASTAIRE

 

Message de Jean Gaillard, président de l'association catholique pour le respect de la création animale  NOTRE-DAME DE TOUTE PITIE www.nd-toute-pitie.fr ,suivi d'une réflexion de Jean Bastaire.

 

 

Nous avons appris le décès de Jean Bastaire avec une peine réelle. Il était membre 
de notre association depuis de nombreuses années, et était devenu un ami. Il 
repose maintenant à Mainvilliers près de Chartres, aux côtés de son épouse Hélène 
envers laquelle il faisait preuve d'une si  exemplaire fidélité.
Il admirait les grands poètes français Charles Péguy et Paul Claudel, auxquels il a 
consacré plusieurs ouvrages ; il a même fondé l'association AMITIE CHARLES 
PEGUY. Mais c'est surtout dans le domaine de l'écologie que son œuvre occupe 
une place à part, et qu'il a été un véritable pionnier. Comme sa femme Hélène, il 
était préoccupé par les questions écologiques, et il regrettait profondément les 
graves lacunes de la théologie chrétienne moderne à ce sujet. Pendant plus de 
quarante ans, il a développé une réflexion religieuse sur la Création, en s'appuyant 
spécialement sur la pensée des Pères de l'Eglise et la spiritualité de saint François 
d'Assise, puis sur les déclarations des derniers papes Jean-Paul II et Benoît XVI. 
Sa pensée s'est exprimée dans une dizaine de livres, de nombreux articles dans des
revues diverses, des colloques …
Son départ est évidemment une grande perte pour la défense des créatures, et en 
particulier des animaux, dans une perspective chrétienne. En ce domaine il a ouvert 
les yeux à beaucoup de chrétiens. Son œuvre restera un élément essentiel dans la 
prise de conscience chrétienne du devoir de respecter et aimer toutes les créatures.
Au début de cette année, il publiait encore dans la revue La Vie Spirituelle un article
sur la résurrection des animaux et des plantes. Même si son message n'a pas 
encore eu l'écho qu'il mérite dans les milieux religieux, je suis sûr que d'auprès de 
Dieu, avec Hélène, il continuera à travailler dans ce sens.

31 août 2013                                                             Jean Gaillard

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Pour savoir davantage sur ce grand intellectuel et grand défenseur des animaux, lire l'article "Jean  Bastaire" sur WIKIPEDIA http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Bastaire

J.N

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Voici une réflexion de Jean Bastaire sur la méfiance habituelle de la religion officielle  à l'égard des créatures non humaines:

« La cause est à rechercher dans un second mouvement qui, parallèle à celui de la lutte contre les idoles, a mené le combat contre la création. Pour beaucoup de croyants, il n'a pas semblé suffisant de haïr la terre en tant qu'elle détournait de l'amour du vrai Dieu. On a cru honorer le Créateut en détestant son Œuvre. On s'est imaginé que plus on méprisait les créatures, plus on se rapprochait de leur source. Étrange façon d'avancer en reculant.

C'était succomber à la plus pernicieuse des hérésies: celle qui considèrait l'univers comme le produit d'un démiourge maléfique. Dieu mauvais figuré par le Dieu de l'Ancien Testament et opposé au Dieu bon de l'Évangile, lequel a envoyé son Fils Jésus pour nous délivrer de ce cauchemar et nous réintegrer dans une transcendance échappant à la dégradation du créé.

Sur le plan de la foi, on ne confessait bien qu'un seul Dieu, Créateur et père de toutes choses. Mais dans le concret de la vie, des mœurs, de l'existence quotidienne et sociale, on excluait, le plus possible, on excommuniait littéralement tout ce qui était du ressort de la chair, du corps, de la matière. On abandonnait cela à la science et à l'argent. C'était comme une partie honteuse de la création, et les animaux y occupérent hélas une place éminente, voués à toutes les expérimentations et utilisations qui n'ont fait qu'attendre de nos jours un degré paroxystique.»

Jean Bastaire, "La communion retrouvée", in "Droits de l'Animal et pensée chrétienne, Actes du colloque du 16 octobre  1986, organisée à l'Institut de France par la Ligue francaise des droits de l'animal, 39 rue Claude Bernard, 75005 Paris, www.fondation-droits-animal.org .

 

 



 

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